L'hommage à Adjani

En ce vendredi (14 octobre) on projetait le dernier des films en compétition « De force » signé par Franck Henry avec notamment Isabelle Adjani et Eric Cantona. L’équipe du film était représenté en nombre à Saint-Jean avec le réalisateur, le producteur, Franck Chorot (absent sur la photo) et deux acteurs, Simon Abkarian et Slimane Dazi. Dans la présentation Patrick Fabre a dit que ce film s’inscrivait dans la lignée de l’histoire des polars en France. Le réalisateur est resté sur la réserve tandis que le producteur choisissait le chemin de l’humour : « Je remercie Saint-Jean de m’avoir invité une fois de plus, a dit Franck Chorot. D’ailleurs je ne produit que des premiers films pour revenir ici ».

Dans la discussion d’après film Patrick Fabre a rappelé que si le film n’était pas autobiographique il rapportait des choses vécues ou connues de près. Et il est certain qu’il a été réalisé dans un contexte d’équipe véritable. « Alors que les autres équipes de film se dispersent nous on continue de se voir » a dit Simon Abkarian, l’un des acteurs principaux. C’est si vrai que lui et Franck Henry vivent à 300 m l’un de l’autre dans « la vraie vie ». La fusion est telle que Franck dit : « quand je vois Simon jouer un gangster moi, ancien gangster j’y crois. Je me dis : il est acteur ou il est brigand. Quand j’ai écrit le film j’étais sûr qu’il n’y avait qu’un acteur pour le rôle : Simon. »

Juste retour des choses Simon Abkarian a rendu hommage à Franck Henry. « Il ne nous a jamais mis la pression sous le prétexte que c’était pour lui une reconversion et qu’il fallait que ça marche, a-t-il dit. Et du côté de la production, c’était pareil… »

Franck Henry a aussi tenu à évoquer la part essentielle tenue par Isabelle Adjani dans le projet. « Adjani, c’est ma fée, a dit le réalisateur. Une première actrice m’avait lâché et je ne trouvais personne pour tenir ce rôle. J’ai fini par envoyer mon scénario à Isabelle par un ami commun. Elle m’a rappelé immédiatement pour me dire bravo et adhérer. C’est une putain de rencontre dans ma vie. Adjani c’est vraiment quelqu’un. On continue de se parler et on va sans doute encore travailler ensemble. Sa confiance est une immense fierté pour moi. »

Métier: agent d'acteurs

Parmi ceux qui participent au Festival de Saint-Jean il y a les agents. Comme Sophie Lemaitre, 40 ans, agent indépendant (elle y tient). Elle va ouvrir un département réalisateurs mais pour l’instant elle a un portefeuille de 80 acteurs (ou actrices). « Mais pas de stars » s’excuse-t-elle presque.

Agent, c’est quoi ? « Je gère la carrière de mes clients en essayant de leur trouver des pièces de théâtre, des téléfilms, des pubs et bien sûr des longs métrages, dit Sophie. Je m’occupe aussi de leurs contrats, de leurs droits, de leurs cachets voire de la gestion de leur patrimoine. Pour cela je m’appuie sur un réseau sûr d’avocats, de banquiers, d’attachés de presse. Il y en a même auquel je recommande mon dentiste parce qu’il est formidable ! »

A force des liens spéciaux peuvent se créer. « C’est vrai qu’au fil du temps, avec certains on finit par partir en vacances ensemble, avoue-t-elle. Mais je ne recherche jamais cette proximité. S’ils veulent ils peuvent mais cela ne marche pas à tous les coups ». Il est vrai qu’elle accompagne ses « clients » souvent sur les tournages, dans les festivals ou les avant-premières.

Avec d’autant plus de plaisir que c’est ainsi aussi que Sophie tisse ce réseau indispensable pour ouvrir des opportunités à ses acteurs. Elle lit ainsi des scripts chaque jour qui lui parviennent grâce à des contacts noués donc dans les sorties avec ses clients mais aussi en courant seule les festivals, les avant-premières parisiennes, les salles de théâtre. « Je suis au boulot sept jours sur sept, dit-elle. Je travaille seule sans secrétaire. Mais j’aime ça. Et puis si je veux durer cela passe par là ».

Sophie avait 25 ans quand elle a choisi ce métier. Originaire de Bourgogne elle installait des sandwicheries un peu partout en France quand la cousine d’une amie qui travaillait chez un agent lui a ouvert une première porte. « J’ai foncé de suite car cela faisait un bout de temps que je souhaitais travailler dans le milieu du cinéma, dit-elle. En plus j’ai été séduite par Tarentino qui racontait qu’à l’origine il était employé dans un vidéo-club. »

Elle est entrée comme assistante dans un cabinet d’agents. Un an plus tard elle ouvrait son propre bureau. Cela fait quinze ans que dure. « Mais il ne faut jamais se relâcher…. » conclut-elle.

Catherine Jacob: "la thématique et l'endroit"

Catherine Jacob est la très attachante et très attentive présidente du jury de ce Festival 2011. Ce n’est pas la première fois qu’elle accepte cette charge. Mais avec des motivations bien précises…

« J’accepte de temps en temps de faire partie d’un jury de cinéma, dit-elle. Ce qui motive mon acceptation c’est la thématique et l’endroit où se déroule la manifestation. J’avoue que je ne connaissais pas du tout cette cité radieuse qu’est Saint-Jean-de-Luz ».

Quant à la thématique, elle a adhéré immédiatement. « On voit des premiers et des seconds films et ceux qui les réalisent sont des gens qui ont beaucoup travaillé pour en arriver là, dit-elle. Ils ont énormément de mérite car le chemin est très long et très difficile ».

 

A-t-elle pensé à réaliser elle-même ? « Pas du tout, affirme-t-elle. La réalisation c’est 90% d’arcanes financières, logistiques, techniques. Ce n’est pas ma tasse de thé. Je préfère raconter des histoires. Comme eux d’ailleurs mais plus simplement. Ce qui m’intéressa c’est l’écriture. Je tourne autour depuis très longtemps. Cela viendra un jour… ».

 

Être présidente du jury ne la stresse pas le moins du monde. « Je l’ai déjà été et ce n’est qu’un mot, dit Catherine. En fait c’est un clin d’œil, une place honorifique mais l’important est de ne pas se prendre au sérieux. Regardez ceux qui m’entourent. Ce sont des gens de qualité. Et l’ambiance dans notre petit groupe est excellente ».

 

Interdiction absolue de donner la moindre opinion, même d’ensemble, sur les premières projections, devoir de juré oblige. Elle veut juste redire : « Je suis ravie d’être ici, la ville est vraiment magnifique ».

Un caractère bien trempé

En ce jeudi soir (13 octobre) « Poulet aux prunes » était présenté par Vincent Paronnaud, co-réalisateur aux côtés de Marjane Satrapi. Avec un petit « handicap » sur le plan de l’émotion puisque Vincent a des attaches dans la ville voisine d’Hendaye. Patrick Fabre, le délégué général, a présenté le film comme l’œuvre d’une équipe qui avait réalisé un premier long métrage mais d’animation, « Persepolis », primé à Cannes. « C’est votre premier long métrage normal, avec des acteurs » a dit Patrick. « Oui un film à la papa » a lancé Vincent Paronnaud dans un grand rire de la salle.

« Je craignais le pire mais ça c’est bien passé » a rétorqué plus sérieusement Vincent. Lequel a décidé de ne pas aller plus loin dans la présentation du film en s’en tirant avec une pirouette : « C’est comme si je disais à une fille que je drague qu’elle va passer une bonne soirée ». Belle humilité avant de donner rendez-vous aux spectateurs à la fin de la projection.

Qui n'ont pas regretté l'échange qui a suivi une projection très applaudie. Patrick Fabre est revenu sur le changement entre l'animation et le film d'acteurs. "Si on voulait vraiment faire autre chose il fallait sortir de l'animation, a lâché Vincent. La vie est courte alors il fallait changer. On a envisager le passage d'une façon un peu innocente et on s'est heurté à la réalité. On est allé dans l'eau et on a appris à nager. Si on a peur de l'échec on ne fait rien. Il faut juste bien faire les choses, après ça marche ou ça ne marche pas".

Vincent Paronnaud est toujours aussi vrai quand il s'agit de parler du choix de l'acteur principal, Mathieu Amalric. "On l'aimait bien et on le voulait, dit Vincent. Il a l'air complètement flingué mais il représente beaucoup parce qu'au delà d'un acteur génial c'est aussi un réalisateur."

Il a ensuite insisté sur la qualité de l'équipe qui entourait les deux réalisateurs. "Être entouré de gens incompétents, ça ne sert à rien" a-t-il affirmé en forme de contrepied.

Le film a été très bien accueilli par la salle. On saura samedi ce que le jury en a pensé. La sortie nationale du film est imminente: le 26 octobre.

Une première émouvante

Mélanie Laurent avait ce qu’on appelle le « redoutable honneur d’ouvrir les hostilités » en présentant, en compétition, son premier film « Les adoptés ». Un moment bien particulier pour la jeune femme qui est aussi l’actrice principale. «  Il y a dix ans, a souligné Patrick Fabre, elle était membre du jury à Saint-Jean-de-Luz. Chanteuse, actrice, maîtresse de cérémonie elle est aussi ce soir réalisatrice. »

« Il y a dix ans, j’avais 18 ans, se souvient Mélanie. J’étais membre du jury et ça me fait tout drôle d’être ici ce soir comme compétitrice. Ce matin j’avais l’impression d’être juste excité. J’ai ensuite été stressé et maintenant morte de trouille. Surtout parce que vous êtes ce soir mon premier public. » C’était en effet ce mardi soir une avant-première nationale pour "Les adoptés". Une soirée où Mélanie Laurent était épaulée par son producteur Bruno Lévy.

Sarah en découverte

La jeune et très belle Sarah Kazemy était ce mercredi (12 octobre) à Saint-Jean-de-Luz pour présenter « En secret » le film Irano-Américain dans lequel elle tient un des deux rôles principaux. Un pas de plus dans une sorte de conte de fée pour elle puisqu’elle découvre tout ou presque du monde du cinéma. Rien ne prédestinait cette étudiante en droit et littérature moderne à devenir actrice. Mais il y a eu la rencontre avec un Iranien qui travaillait sur le casting du film signé par Maryam Keshawarz. Une sélection très exigeante où l’on demandait par exemple aux candidates de parler parfaitement l’anglais et le persan, deux qualités possédées par Sarah (française dont le père est d’origine iranienne). Tout de suite le courant est passé entre elle et la réalisatrice. Cependant elle a dû surmonter la concurrence de près de trois mille personnes qui sont passées par les épreuves du casting à Paris et à Toronto.

 

Examen réussi mais Sarah n’était pas au bout du chemin. La préparation du film a en effet duré trois ans… La première sortie au festival américain Sundance a été couronnée de succès puisque « En secret » a décroché le Prix du public. Le passage au Festival du film américain de Deauville a été plus discret. Mais Sarah est très motivée. Elle court le pays pour aider à la promotion du film qui sortira en France en février. Elle croit à son succès.

 

Elle a déjà tourné dans une autre production et espère que cette carrière inattendue aura encore de beaux lendemains. « Sinon c’est pas grave, dit-elle. J’ai 23 ans, un bon âge pour reprendre les études s’il le faut… ».

"ça fait un peu peur"

Le Festival poursuit sa vie et les films défilent. En ce mercredi soir c’est « Louise Wimmer » qui venait affronter le jugement du jury. Et pour le défendre son réalisateur, Cyril Mennegun, et son actrice principale, Corinne Masiero, étaient venus à Saint-Jean-de-Luz. « Cyril est un découvreur de talent et Corinne est une merveilleuse et immense artiste » a dit en présentation Patrick Fabre le délégué général du festival.

Un Cyril Mennegun très ému. « C’est mon premier long métrage, vous êtes mon premier public, ça fait un peu peur, a-t-il dit. Mais je suis très heureux de vivre cette expérience. Je l’ai souhaité, j’y suis ». Sa complice du soir et actrice a été encore plus brève : « On va démarrer la projection, alors juste merci Saint-Jean-de-Luz ! ».

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